Conférences thématiques
Le jeudi, de manière bimestrielle, de 20h à 21h30, nous aurons le plaisir d'accueillir des cliniciens et chercheurs sur des thématiques importantes de la vie psychique en réanimation.
Ces conférences seront l'occasion d'échanger et de débattre autour de la clinique en réanimation.
Cette année 2026, notre programme :
le jeudi 5 février sera notre soirée de lancement
le 19 mars, Elise Ricadat nous parlera du "travail" du patient dans la maladie grave
le 21 mai, Arnaud Mimouni viendra nous parler de la place de l'animal dans les soins
le jeudi 17 septembre, Flora Bastiani nous parlera du regard en réanimation
et pour la dernière de l'année, le 19 novembre, Sandrine Vatageot Garnier et Stéphanie Nguyen croiseront leur regard autour de la visite de l'enfant en réanimation pédiatrique et adulte.
La participation aux conférences est conditionnée par une inscription préalable auprès de la SFPR.
Le Replay est réservé aux membres adhérents de la SFPR sur demande.
Participez à notre soirée du jeudi 17 septembre, à 20h !
Flora Bastiani est maîtresse de conférences HDR en éthique de la santé au département de philosophie de l'Université Toulouse II. Spécialiste des questions liées à la relation de soin, elle est co-responsable du Master Éthique du Soin (droit, santé, philosophie). Elle dirige la revue Kairos ainsi que la collection Philosophica aux Presses universitaires du Midi (PUM). Elle a fondé en 2024 le réseau de recherche pluridisciplinaire Penser la santé, cadre dans lequel elle anime un podcast éponyme.
Ses travaux portent sur les modalités de la relation dans les services de soins critiques et les situations d’urgence, où elle interroge l’articulation de la vulnérabilité et de la créativité au cœur du geste de soin. Sa réflexion sur l'intimité du lien humain, qu'elle définit comme « phénomène de l'ensemble », redéfinit les enjeux éthiques du soin. Elle a récemment publié Philosophie du soin critique. Penser la relation en réanimation, en soins intensifs et dans le prélèvement d'organes (Le cercle herméneutique, 2024), un ouvrage pionnier qui explore les fondements éthiques de la pratique soignante dans des contextes extrêmes.
À propos de la présentation
Cette conférence partira du questionnement fondamental du présupposé largement partagé dans la tradition philosophique, selon lequel la séparation subjective constitue la condition de possibilité de toute relation. En faisant de l'existence d'un sujet distinct d'autrui le préalable nécessaire à toute rencontre, cette tradition accorde implicitement le primat à une conception validiste de la subjectivité, laissant dans l'ombre les situations de grande vulnérabilité. Les sujets vulnérables sont-ils encore à proprement parler des sujets s'ils répondent pas au critère de séparation ?
À partir de cette interrogation, nous confronterons cette conception de la subjectivité au récit d'expérience d'une infirmière de service de soins intensifs de traumatologie. Son discours nous permettra de mettre en évidence l'importance du regard complexe porté sur le patient : à la fois regard clinique en quête de signes de défaillance organique et regard qui entre en relation avec les états émotionnels du patient pour le soutenir.
Depuis cette parole incarnée, il s'agira d'examiner s'il est possible de proposer une autre manière de penser les conditions de la rencontre en soins critiques. En prenant appui sur l'expérience vécue, nous explorerons l'hypothèse d'un lien existentiel qui, dans certaines situations de vulnérabilité extrême, se constitue en deçà de la séparation entre soi et autrui. La subjectivation apparaîtrait alors non plus comme une réalité fondée sur une délimitation nette des sujets, mais comme un processus relationnel plus diffus, susceptible d'émerger au cœur même d'une expérience partagée. La question du regard, qui, d'un même coup, sépare de l'autre et en rapproche, sera au coeur de cette réflexion.
Participez à notre soirée du jeudi 21 mai, à 20h !
Arnaud Mimouni est psychologue au CRMPR Les Herbiers à Bois-Guillaume (76).
Après une formation initiale en neuropsychologie et des expériences professionnelles en neurologie, gériatrie et gerontopsychiatrie, il commence en 2002 son travail en unité d'éveil de coma.
La rencontre avec les patients en états de conscience altérée l'amène à aller chercher d'autres références théoriques notamment dans le champ dit des "cliniques de l'extrême" (Scelles, Korff-Sausse,...) jusqu'à, tout en continuant son activité professionnelle faire un Master II Recherche en psychologie clinique et pathologie (la relation soignant-soigné en éveil de coma) et une thèse (Vécu des proches de patients en éveil de coma, dirigée par Régine Scelles).
Depuis 23 ans en unité d'éveil, il essaie d'enrichir sa pratique en puisant dans d'autres champs théorico-cliniques (approche neuro-systémique, hypnose Ericksonienne...) jusqu'à la médiation canine qu'il nous présentera.
À propos de la présentation
Partant de la connaissance des bienfaits de la présence animale auprès de personnes malades décrite depuis au moins le IXème siècle, Arnaud proposera de discuter ses hypothèses théorico-cliniques dans cette pratique innovante auprès des patients en états de conscience altérée.
Élise Ricadat est psychologue clinicienne et maîtresse de conférences à l’Université Paris Cité depuis 2017. Elle a travaillé une dizaine d’année en service de cancérologie auprès d’adolescents, de jeunes adultes et d’adultes, ainsi qu’en psychiatrie.
Ses recherches portent principalement sur les effets identitaires et subjectifs des maladies graves et chroniques, avec un accent particulier sur les processus psychodynamiques respectivement à l'œuvre chez les patients et les soignants, ainsi que les processus intersubjectifs en jeu dans les relations de soin. À cette fin, elle utilise des méthodes qualitatives et participatives dans le cadre de projets interdisciplinaires et transdisciplinaires.
À propos de la présentation
Elise se propose dans cette conférence de présenter l’hypothèse de processus sublimatoires en jeu dans la maladie somatique. Elle retracera tout d’abord les fondements cliniques de cette hypothèse issus de sa pratique en tant que psychologue clinicienne en service de soin somatique, puis de plusieurs recherches menées sur les enjeux psychiques et subjectifs des maladies graves et chroniques, et plus largement de toute atteintes corporelles.
Sa pertinence clinique trouve un appui théorique sur la notion de travail vivant de la personne malade, en lien avec l’approche développée par C. Dejours au croisement de la psychosomatique et de la psychodynamique du travail. Le travail du patient, identifié dans les sciences sociales mais jamais encore exploré dans le champ psychanalytique, permet d’éclairer les éventuels remaniements intrapsychiques en faveur d’un nouvel équilibre subjectif de la personne malade à l’aune des relations intersubjective en jeu dans les relations de soin. Partant, elle réhabilite la question du sexuel dans les soins, qui en est absente dans la plupart des théories dominantes dans ce champ.
Sa présentation se propose d’exposer les caractéristiques et les spécificités du travail du patient tout d’abord, afin d’en discuter ensuite la pertinence clinique au regard de vos pratiques dans le champ de la réanimation.